Chef lieu de commune. Piscatoriarum (1202). La cure était à la nomination du chapitre de Saint Genès de Thiers, avant 1789. Notre-Dame était alors la patronne de la paroisse.

Ce lieu fut donné, en 912, par Guillaume, comte d’Auvergne, dit le Pieu, au monastère de Moissac. Brunissens, veuve de Chatard, seigneur de Thiers, se qualifie dame de Peschadoires en 1261, 1295. Elle eut : Guy de Thiers, damoiseau, seigneur de Thiers, lequel en 1292, transigea avec le comte de Forez pour la terre de Peschadoires qui lui appartenait, comme dépendant de sa vicomté de Thiers. Guillaume, sire de Thiers, fils de Guy qui précède, donna son château de Peschadoires à Jean, comte de Forez, fils dudit Jean, acheta (vers 1335), à Jean de la Roche, fils de Rigaud de Thiers, moyennant 10 livres 15 sous, plusieurs rentes en grains et volailles, qu’il percevait en la paroisse de Peschadoires.

PESCHADOIRES
Les traces d'une histoire depuis 1202

PONT DE DORE   
Un pont à l'origine du développement économique...

La croix de pierre, située au centre du bourg, qui marque le carrefour des routes de Courpière et de Billom (chefs-lieu de canton) est du début du 16ème siècle.

Des vestiges d’une tour, abattue au XIXéme siècle subsistent encore du château de Peschadoires qui aurait été construit au XIIème siècle. Son propriétaire d’alors, le seigneur de Thiers, en faisait cadeau au comte du Forez.

L’église voisine dont quelques éléments architecturaux (chœur…) témoignent de l’ancienneté, date vraisemblablement de la même époque.

L’actuel Pont de Dore, du même nom que la localité, a été construit simultanément à la RN 89 au début du XIXème siècle. Jusque là et bien qu’il existait des ponts de bois que les plus grosses crues emportaient régulièrement, la Dore se traversait en bac ou à gué. Épisodes qui nécessitaient des reconstructions financées par les " Bonnes villes d’Auvergne " et plus particulièrement par celle de Thiers.
En octobre 1573, Montaigne, évoque dans son " journal de voyage " sa traversée de la rivière en bateau.
Cependant, il va falloir attendre le XIXème siècle pour que le pont actuel soit édifié.

Un passé et un essor économique liés à la rivière
Située sur la voie romaine qui reliait Lugdunum (Lyon) à Augustonemetum (Clermont-Ferrand), Peschadoires était déjà il y a plus de 2000 ans, un important lieu de pêche sur la Dore. D’ailleurs, son patronyme était significatif puisqu’on disait alors " Piscatoria " ou "Pescadoira" en Provençal et "Peschadoira" en Auvergnat.

Une digue y arrêtait la remontée des saumons. Des canaux latéraux dirigeaient ceux-ci vers des réservoirs qui permettaient aux riverains de faire des pêches miraculeuses. Malgré un débit capricieux qui faisait alterner périodes de crues et d’étiages, les eaux de la Dore étaient utilisées pour le flottage du bois abattu dans les forêts de son bassin. Au début du XVème siècle, il est fait état de l’existence d’un moulin appartenant à la communauté de Mignot. La "pèlière" barrait la rivière et entravait la circulation des "bois flottés" qui descendaient du port de la "Naud". Des écluses étaient prévues pour en permettre le franchissement et un péage ou "droit de bacquin" était perçu par le seigneur de Peschadoires. A la fin du même siècle, à la période où le niveau de la rivière permettait le passage de barques à fond plat (soit 4 mois au plus en année très pluvieuse…), la cité devenait le port de Thiers (cité industrieuse toute proche). On chargeait le produit des fabriques thiernoises ("quincaillerie", articles de papeterie, tannerie, teinturerie exportés en Espagne puis jusqu’en "Barbarie" (Afrique du Nord) et "aux Indes" (Amérique du Sud)) à l’emplacement du pont actuel. Un chemin de halage permettait aux mariniers d’aider à la remontée des bateaux qui transportaient des barres d’acier venant de Saint-Étienne ou des bois exotiques chargés à Nantes (les matières premières indispensables à la coutellerie locale). Bien que le port principal reste Puy-Guillaume où le cours de la rivière permettait une navigation plus régulière, l’éloignement et le mauvais état des chemins incitaient les marchands thiernois à utiliser celui de Peschadoires. Au début du XVIIIème siècle, le trafic avait atteint une importance suffisante pour qu’un chantier de construction navale s’installe à proximité de la cité. Les bateaux (appelés sapinières) descendaient souvent pour un premier et unique voyage. En effet, arrivés à destination, ils étaient vendus et les mariniers préféraient rentrer à pied plutôt que de remonter le courant en barque.

 


Le pont de Pont de Dore (photo AB)

Un essor économique lié aux modes de communication
La longévité de celui-ci, la proximité des carrefours de routes (Vichy-Le Puy et Clermont-Ferrand-Lyon), le tracé des voies ferrées et la concession des tronçons Vichy-Ambert et Clermont-Ferrand-Thiers à la compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) vont stimuler le développement économique de la cité.

D’ailleurs, la transformation de Pont de Dore en nœud ferroviaire principal du réseau économique local suscite l’installation de nombreuses familles de cheminots sur la commune. Ainsi le hameau de Pont de Dore connut un essor démographique important et la commune compte une augmentation permanente du nombre de ses habitants. Elle passe de 576 en 1796 à 1695 en 1982.

Aujourd’hui, elle fait partie de la banlieue de Thiers et elle bénéficie toujours de la proximité des grands axes autoroutiers, notamment de l’échangeur autoroutier Thiers-Ouest sur l’autoroute A72 Clermont-Ferrand-Lyon.

Commerces, industries, équipements scolaires et sportifs sont présents sur le hameau qui reste, malgré tout dominé géographiquement de quelques mètres par le bourg voisin de Peschadoires.

 

Autres temps, autres moeurs...

Avec l’amélioration du réseau routier et l’avènement du chemin de fer, la destinée portuaire de Peschadoires s’achevait : les carrefours de ces modes de communication, heureusement situés à proximité les uns des autres sont à l’origine de l’essor de Pont de Dore. Aujourd’hui, Peschadoires, le bourg, est un hameau qui abrite la mairie autour de laquelle se développe une zone résidentielle où il fait bon vivre.

D'après : Monographies de Mme Beauregard, de Patrick Terrolles, et le livre de Pierre Mondanel "L'ancienne batellerie de l'Allier et de la Dore.
Histoire des communes du Puy-de-Dôme (Arrondissement d'Ambert, Arrondissement de Thiers, sous la direction d'A.-G. Manry) Éditions HORVATH

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